Le bien et le mal

1/ Annick de Souzenelle 

Sur le plan ontologique, il n’y a pas de Bien et de Mal. En hébreu, c’est très net. Les deux pôles de l’Arbre de la connaissance sont l’accompli qui participe de la lumière divine et l’inaccompli qui est encore dans les ténèbres. Le Mal et la souffrance n’apparaissent qu’au troisième chapitre de la Genèse, celui qui rend compte de la sortie de l’Eden – c’est-à-dire l’exil de nous-mêmes, la perte de contact avec notre intériorité. 

L’Homme sera alors bousculé par des événements extérieurs pour être réveillé à lui-même. Et cela se fait généralement dans la souffrance, une souffrance d’accouchement. Dans la Genèse, cela renvoie au moment où Dieu se tourne vers « Ishah » – qui n’a jamais été Eve, la femme extérieure, mais le féminin intérieur de chaque être – et lui dit : « j’augmenterai le nombre de tes grossesses; tu mettras au monde des fils dans la douleur ». Il s’agit, bien sûr, du Fils intérieur à chacun de nous, ensemencé dans l’image divine qui fonde l’Homme (l’Adam biblique) et qui est appelé à devenir le fruit de l’arbre de la connaissance

On est tiré de notre inaccompli (inconscience) pour aller dans l’accompli, c’est-à-dire le conscient. En fait toutes nos souffrances pourraient être rattachées à nos mutations intérieures. Dans la bible on parle d’épreuves pas de souffrances. Il s’agit de notre dramatique inconscience.

Je pense que les textes bibliques ont été souvent mal traduits car mal compris. Depuis que je me suis initiée à l’hébreu, j’ai passé ma vie à méditer sur le sens du créé dans les premiers chapitres de la Genèse et le sens de la souffrance dans le troisième chapitre. C’est terrifiant de voir comment nous avons été trompés par certaines interprétations.

Nous soyons coresponsables de la souffrance d’autrui dans la mesure où l’humanité est Une. En cette unité profonde cachée dont parle la Bible : vous êtes moi et je suis vous, bien que chacun de nous soit unique. Ainsi, dans la mesure où je ne m’accomplis pas, je pèse sur le monde; mais si je grandis, je le fais grandir. La technologie a fait perdre à l’homme son âme. Il n’y a plus de sens moral. Nous vivons une époque d’intégrismes liés aux certitudes idolâtrées, de revendications individualistes, de replis identitaires personnels ou collectifs. Tous sont sources de souffrances car les énergies non intégrées qui, en nous, attendent de l’être et qui ne sont plus contenues derrière les grilles des interdits, déferlent en ce moment en violences tragiques.

Il est urgent que l’humanité retrouve son âme. 

Aujourd’hui nous n’avons pas encore compris et nous continuons, faute de ce travail intérieur de sacrifier nos enfants sur les autels sauvages des hôpitaux, des routes, des attentats et des innombrables lieux de violences qui ravagent notre monde.

Faute d’être les auteurs de nos vies, nous tentons de nous justifier en nous dressant en victimes. Le victimisme est la signature d’un infantilisme tragique. Nous avons de toute urgence à devenir des êtres conscients et responsables.


2/ Le pardon

Ne pas pardonner c’est rester dans la rancœur et cela nuit à l’âme

Le premier pardon est celui que l’on se fait à soi-même. C’est plus facile de pardonner aux autres qu’à soi-même.

Comment envisager le pardon pour des choses « impardonnables ». Bien sûr il est important que la personne répare le préjudice commis et la justice des hommes est là aussi.

RIEN N’ARRIVE PAR HASARD

Je me suis souvent posée la question du pourquoi de nombreux livres ont été écrits sur les « les harceleurs, les manipulateurs et jamais sur les personnes potentiellement harcelées ou manipulées. Il fait être deux pour vivre cela. En prenant du recul et une compréhension plus subtil, les deux esprits (plan surmental) se sont concertés pour vivre cette situation afin de chacun, contribuer à son évolution de conscience.  L’un pour apprendre le respect de l’autre et l’autre pour apprendre à mettre ses limites. Nous pouvons ainsi à un certain niveau prendre conscience que l’autre est une personne lumineuse enfouie sous une personnalité dominée par les forces involutives. 

En agissant ainsi, nous ne gardons pas de rancœur ou de culpabilité qui maintient nos vibrations basses.